L’insuffisance d’innovation est la conséquence d’un manquement de la valorisation de la recherche.
La recherche, elle-même, reste intimement liée à l’enseignement supérieur dont elle constitue le label de qualité le plus communément pris en compte. Les classements internationaux (Shangaï ou les autres), sans méconnaître les failles de ces analyses, en font régulièrement le plus grand cas.
Nous ne pouvons continuer dans ce domaine avec des formules dont certaines sont, notamment en matière d’enseignement supérieur, remplies de relents d’élitisme napoléonien, privilégiant les choix des hommes sur l’instant d’une épreuve ou d’un concours plutôt que, comme cela se passe dans les grandes universités étrangères, sur le travail accompli dans la durée, bref, privilégiant l’archaïsme de l’épreuve des titres, diplômes et autres peaux d’âne à la modernité de l’épreuve des travaux de recherche et de pédagogie du transfert des savoirs.
Actuellement, les équipes sont modestes, séparées les unes aux autres, sans transversalité. Dans ce cadre exigu, le chercheur d’aujourd’hui est souvent condamné à être honoré pour chercher sans être distingué parce qu’il a trouvé.
Arrêtons d’essouffler les talents et la créativité de nos chercheurs en les laissant claque murés dans des systèmes qui, certes, ont eu leur moment de gloire, mais qui sont aujourd’hui devenus autant de handicaps face à la dynamique et à l’ampleur de la compétition internationale.
Dans cette réalité, ne soyons pas étonnés qu’à travers le monde les chercheurs français soient tant demandés et tant convoités alors même que dans l’Hexagone, nos structures de recherche sont trop souvent désuètes et compassées.
Ce sont donc ces structures qu’il nous faut désormais moderniser. Le Grand Emprunt nous en fourni l’opportunité.